Si la France compte 36 000 communes, elle comptera bientôt presque autant de festivals. Pourtant, Champigny, 59e ville du pays, en est dépourvue. Bien sûr, la capitale proche en offre pléthore. Bien sûr le département peut se féliciter d’avoir initié le festival de l’Oh.
Alors pourquoi se fatiguer à organiser un festival à Champigny ?
Parce que toutes nos voisines ont le leur ? Non.
Il ne s’agit pas d’imiter pour être dans le vent. Il s’agit d’organiser un évènement capable de rassembler les campinois et d’attirer dans notre ville nos voisins, des franciliens et pourquoi pas des hommes et des femmes venus d’encore plus loin.
Pour s’amuser, se rencontrer, se découvrir et se faire valoir.
Se faire valoir ? Je vous entends d’ici. Laissez moi vous raconter l’histoire d’une ville perdue au milieu des champs, abandonnée et récemment ressuscitée. Cette ville était vieillissante, moribonde même. En haut lieu nul n’aurait misé un kopek sur son avenir. Sa disparition annoncée allait dans le sens du « progrès ». Quelques irréductibles qualifiés de pecnos heureusement s’accrochaient, caressant le rêve de « Vivre et travailler au pays ». Têtus et convaincus, ils décidèrent de lancer un festival de musique à la programmation éclectique et au nom frondeur censé contrer les idées reçues. Ils s’appelleraient Les Vieilles Charrues.
En chantant dans les champs, les Vieilles Charrues ont réveillé Carhaix. Grâce aux milliers de festivaliers, des emplois ont créés et chaque année en juillet, les carhaisiens sont sûrs de s’éclater.
Cette histoire montre combien la fête, loin d’être une activité superflue, un dérivatif ou un vice, peut être un levier de développement et d’épanouissement. Avec plus de 75 000 habitants, Champigny devrait pouvoir s’offrir un bel évènement.
Tania REGIN